Sur la route de la Chine de Bichkek à Jallal Abad

C’est une route qui restera pour moi pleine de bons et de mauvais souvenirs, car j’y ais fait de merveilleuses rencontres mais aussi de très mauvaises. J’ai quitté Bichkek voilà neuf jours sous un beau soleil et les difficultés arrivent rapidement car après une étape dans la plaine,

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commence l’ascension du Töö-Ashuu Pass qui monte jusqu’à 3586 mètres et se termine par un tunnel que je ne voulais pas faire en vélo. Arrivé à 10 kilomètres du sommet le ciel c’est assombri et l’orage est devenu de plus en plus menaçant. Je n’ais pas peur de grand-chose dans la montagne sauf de l’orage….
Là je décidais de faire du camion stop et une camionnette s’est arrêtée. On a chargé le vélo tant bien que mal et ils m’ont emmené jusqu’à la sortie du tunnel.

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Les paysages sont magnifiques, les gens rencontrés dans cette région extrêmement hospitalier et même si les conditions pour faire du vélo sont dures cela rend le voyage très agréable.

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on m’offre du lait de jument fermente

Après le premier col la route traverse une large vallée, où les kirghiz viennent pendant l’été pour nourrir leurs bêtes.

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Le deuxième col monte en pente douce jusqu’à 3175 mètres et derrière la route descend pendant 70 kilomètres (que du bonheur). C’est vers la fin de cette descente que je me suis arrêté dans un hôtel, où j’ai rencontré un Autrichien de 67 ans, aussi en vélo.

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Quand je suis arrivé à l’hôtel je me suis rendu compte que j’avais oublié mon carnet où je note toutes les adresses, dans un restaurant où j’avais mangé à 5 kilomètres de là. Je décidais d’y retourner en stop, et au retour une vielle Mercedes avec deux gars à bord m’a pris et un des deux gars voulais que je paye vingt dollars pour l’essence bien sur je faisais semblant de ne rien comprendre et le gars commençait à s’énerver et moi je cherchais une solution pour me tirer de ce mauvais pas. Heureusement que le chauffeur n’était pas très chaud pour me racketter et quand on est arrivé près de l’hôtel il s’est arrêté et j’ai pu descendre. Je ne sais pas ce que j’aurai fait s’il avait continué…..
Ca m’a un peu refroidi pour faire du stop même avec les camions qui demande toujours de l’argent et maintenant je négocie avant de monter (le premier camion dans le col n’a pas voulu d’argent).
La suite de la route est une succession de montée et de descente près d’un lac artificiel dans un paysage semi désertique avec une chaleur terrible. Mon thermomètre indiquait 55 °C et il n’y avait pas d’arbres pour se mettre à l’ombre. C’est comme ça que je suis arrivé tout près de Tash Komur, quand une voiture s’est arrêtée à cote de moi et m’a remis un mot de Christelle et Jérémie (rencontré à Bichkek) qui étaient juste derrière moi.

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Je les ais attendu et nous avons passé la soirée ensemble.
Le lendemain je suis reparti seul (eux continu vers l’Ouzbékistan). Après dix kilomètres toujours sur une route en montagnes russes, je passai devant trois bonhommes qui discutaient au bord de la route, ils m’ont fait signe de m’arrêter mais comme ça descendait j’ai continué. (c’est fréquent que l’on me fasse signe de m’arrêter) Dans la montée suivante j’en ai vu un qui courrait après moi, bien sûr il n’a eu aucun mal à me rattraper et là il essayait de me retenir pour que son copain voit le vélo….. J’ai quand même réussi à repartir et je commençait à m’inquiéter, une descente assez longue suivait et je pensais m’en être débarrassé quand un mini bus m’a doublé et un des gars en est descendu et là en plein milieu de nulle part il a arrête mon vélo c’est assis sur la barre et a commencer a discuter. Je ne comprenais rien a ce qu’il racontai seulement un mot qui revenait assez souvent « dollar » et le gars commençait à s’énerver, moi je cherchais mon couteau dans ma boite à gants et je priais pour qu’une voiture arrive car c’est heureusement une route très fréquentée. Les choses commençaient à devenir sérieuses quand la troisième voiture s’est enfin arrêtée. Là le gars est devenu tout mielleux me remerciant même de lui avoir donné de l’eau ce qui n’était pas vrai. La voiture c’était arrêté un peu plus loin et comme le gars avait lâché mon vélo et que la route descendait je suis parti le plus vite possible abandonnant sur la route deux paquets de biscuit acheté juste avant. Arrivé au bas de la descente et ne voulant pas qu’il me refasse le coup du mini bus j’arrêtais la première camionnette qui passait, j’expliquais aux gars ce qui m’était arrivé et par chance il était à vide, on a chargé le vélo et ils m’ont fait faire une quarantaine de kilomètres. Tout s’est finalement bien terminé et je me remets de mes émotions à Jallal Abad, dans la vallée du Fergana, où j’ai trouvé un hôtel confortable, après 9 jours de bivouacs sauvages et de nuits dans les yourtes, ça fait du bien.

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Cette expérience m’a un peu refroidi et j’ai décidé de terminer jusqu’à la frontière avec la Chine en camion stop, d’autant plus que cette région a la réputation d’être moins accueillante que le nord et que parfois les enfants jettent des pierres aux étrangers.
Je ne suis pas venu ici pour me faire « caillasser ».
Ca promet encore d’autres aventures.
A part ces petits problèmes le Kirghizstan est quand même un pays formidable et je ne déconseillerais à personne de ne pas y venir, ce qui m’est arrivé là aurai très bien pu m’arriver dans le métro à Paris.

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